Caution (nom féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom féminin 

XIII e siècle, caucion. Emprunté du latin cautio, « pré », dérivé de cavere, « prendre garde ».
1. Ce qu'on donne ou dépose en garantie d'un engagement pris par soi-même ou par un autre. Donner, fournir une . Il a été mis en liberté sous , moyennant . Caution légale, que la loi exige dans certains cas. Caution personnelle, par laquelle une personne s'oblige à exécuter l'engagement d'autrui en offrant une garantie sur l'ensemble de son patrimoine. Caution réelle, qui consiste à souscrire une hypothèque sur un immeuble que l'on possède afin de garantir la dette d'un débiteur. Caution « judicatum solvi », que l'on pouvait obliger un étranger à fournir, lorsqu'il voulait intenter une action devant les tribunaux de France contre un Français. La « judicatum solvi » était exigée pour assurer le paiement des condamnations et dépens auxquels le procès pouvait donner lieu. Anciennt. Caution bourgeoise, solvable et facile à discuter. Par ext. Caution morale, appui, soutien personnel que l'on apporte à quelqu'un. Apporter sa morale à quelqu'un. Avoir la de son supérieur. Expr. fig. Être sujet à , être peu digne de foi, de confiance. Cet individu est sujet à . Leurs propos sont sujets à . La nouvelle me paraît sujette à .
2. Personne qui s'engage, notamment envers un créancier, à remplir une obligation contractée par une autre, au cas où celle-ci ne pourrait y satisfaire. Je lui servirai de . Il se porte pour le débiteur. Par anal. Je me porte de l'exactitude de cette nouvelle. Être de, être que (vieilli), se porter garant de, garantir que. Je suis qu'il en est bien ainsi.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Ce qu'on donne ou dépose en garantie d'un engagement pris par soi- même ou par un autre. "Donner, fournir . Admettre, recevoir une . Il a été mis en liberté provisoire sous , avec , moyennant ."
"Caution bourgeoise" se disait autrefois d'une Caution solvable et facile à discuter. "La n'est pas bourgeoise," La garantie est insuffisante.
"Caution" judicatum solvi, La qu'on peut obliger un étranger à fournir, lorsqu'il veut intenter une action devant les tribunaux de France contre un Français. "La " judicatum solvi "est exigée pour assurer le paiement des frais et dommages-intérêts auxquels le procès pourrait donner lieu."
Prov. et fig., "Il est sujet à ," se dit de Quelqu'un à qui il ne faut pas trop se fier. On dit de même, "Cette histoire, cette nouvelle est sujette à ," Elle est douteuse.
"Caution juratoire." Voyez JURATOIRE.
Il désigne aussi Celui qui donne ou dépose en garantie. "Servir de . Se porter ."
Fig., "Être , Se rendre d'une chose," Assurer, garantir que telle nouvelle est vraie, que telle chose est arrivée ou arrivera.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Engagement que l'on prend pour un autre, et, par extension, la personne même qui prend cet engagement. Être de quelqu'un. Se rendre, se porter . Donner, fournir . Admettre, recevoir une . Mettre en liberté sous , moyennant .
BOSSUET: « Il se constitue pour les insolvables »
BOSSUET: « Il a trouvé une capable de payer pour lui »
HAMILT.: « Elle n'était pas des articles secrets du traité »
J. J. ROUSS.: « Je me rends pour Sophie qu'elle accepte le traité »
    En matière civile, engagement de satisfaire à une obligation au défaut du contractant. En matière correctionnelle, garantie donnée qu'un prévenu se représentera quand il en sera requis. Élargir quelqu'un à la d'un autre.
    Caution bourgeoise, solvable et facile à discuter.
FURETIÈRE: « On ne veut point prêter aux grands seigneurs sans bourgeoise »
MOL.: « Je m'en vais gagner au pied, ou je veux bourgeoise qu'il [leurs yeux] ne me feront pas de mal »
FURETIÈRE.: « Le marquis : Parbleu ! je la garantis détestable [la comédie]. - Dorante : La n'est pas bourgeoise ; mais, marquis, par quelle raison, de grâce, cette comédie est-elle ce que tu dis ? »
    Caution judicatum solvi ( que ce qui sera jugé sera payé), garantie de frais et dommages qu'on peut exiger de l'étranger qui intente une action en France contre un Français.

 2   Sujet à , qui doit donner , et par conséquent suspect.
MOL.: « Ces choses-là sont un peu sujettes à »
MOL.: « Ce pays-ci est un peu sujet à »
REGNARD: « Ma divine moitié, soit dit sans vous déplaire, Vous me semblez un peu sujette à »
FONTEN.: « Encore, de la manière dont j'entends parler, les astres eux-mêmes sont-ils sujets à »
DIDER.: « Ce certain goût de bonne latinité est bien sujet à »

 3   Fig. Témoin, témoignage de la réalité d'une chose.
MOL.: « Je vous suis qu'il est très honnête homme »
MOL.: « Les épreuves que tout le monde a vues de l'infaillibilité de mes prédictions sont les s suffisantes des promesses que je puis faire »

SYNONYME
    CAUTION, GARANT, RÉPONDANT. Termes qui désignent un homme qui se fait fort ou qui s'engage pour un autre. On donne , on est , quand on s'engage à payer pour quelqu'un, s'il ne paye ou s'il ne se présente pas là où il est requis. Garant est plus général : on est garant non-seulement d'une somme à payer, mais de toute espèce d'obligation ; ainsi on est garant des droits de quelqu'un ; un État est garant d'un traité. Il faut remarquer que, tandis que se dit des personnes, garant s'étend aux choses. Répondant ne se dit que des personnes ; c'est celui qui répond d'un autre, qui témoigne de son honnêteté, de sa capacité, de son aptitude. Ce domestique a de bons répondants.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
BEAUMANOIR: « Car il convient que li procureur face »
     Liv. de just. 61: Et se ceste caucion est obliée, li avoés a bone caucion contre l'avoeor
    XVIème siècle
MONT.: « Mais la et prevention dont les fourmis usent à ronger le grain de froment.... »
LOYSEL: « Les s judiciaires n'ont point de lieu entre les François »
D'AUB.: « À cettui-ci [l'ordre du Saint-Esprit] il apporta des s pour empescher d'y entrer ceux qui ne pouvoient prouver leur noblesse »
PARÉ: « Il faut tirer du sang ; avec ceste que, s'il se monstre noirastre et espais, il le faut laisser couler »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. cautio ; espagn. caucion ; portug. caução ; ital. cauzione ; du latin em, de cautum, supin de cavere, prendre garde, qu'on regarde comme équivalent au sanscrit skav, gothique skavjan, l's étant tombée, ce qui arrive souvent.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Celui qui répond pour un autre, qui s'engage à satisfaire à l'obligation contractée par un autre, dans le cas où celui-ci n'y satisferait pas. "Caution légale. Caution judiciaire. Caution solidaire. Caution solvable. Bonne et suffisante . Être de quelqu'un. Votre frère consent à être ma . Servir de . Se rendre . Donner, fournir . Admettre, recevoir une . Réception de . Décharger les s." On dit dans un sens analogue, en Matière correctionnelle: "Mettre quelqu'un en liberté provisoire sous , avec , moyennant . Admettre un prévenu à être sa propre ."
"Caution bourgeoise," se disait autrefois d'Une solvable et facile à discuter.
"Caution" judicatum solvi, La qu'on peut obliger un étranger à fournir, lorsqu'il veut intenter une action devant les tribunaux de France contre un Français. "La " judicatum solvi "est exigée pour assurer le payement des frais et dommages intérêts auxquels le procès pourrait donner lieu."
Fig., "Être , se rendre d'une chose," Assurer, garantir que telle nouvelle est vraie, que telle chose est arrivée, que telle chose arrivera. "J'en suis . Je vous en suis . Qui me sera de ce que vous me dites?"
Prov. et fig., "Il est sujet à ," se dit D'un homme auquel il ne faut pas trop se fier. On dit de même, "Cette histoire, cette nouvelle est sujette à ," Elle est douteuse.
"Élargir quelqu'un à la d'un autre," Moyennant le nement, la garantie donnée par un autre.
"Caution juratoire." Voyez JURATOIRE.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. féminin 


Celui qui répond, qui s'oblige pour un autre. "Caution" "solvable. Caution bourgeoise. Caution solidaire. Bonne et suffisante . Etre de quelqu'un. Recevoir une . Servir de . Donner . Décharger les s. Certifier une . Se rendre . Fournir ".
On dit, "Élargir quelqu'un à la d'un autre;" et dans cette phrase, "Caution" est pris pour Cautionnement, garantie. On dit aussi, "Élargir quelqu'un à sa juratoire," pour dire, Sur la promesse qu'il fait avec serment de se représenter quand la Justice l'ordonnera.
On dit figurément, "Être ," ou "Se rendre d'une chose," pour dire, Assurer, garantir qu'une telle nouvelle est vraie, qu'une telle chose est arrivée, qu'une telle chose arrivera. "J'en suis . Je vous en suis caution. Qui me sera de ce que vous me dites?"
On dit figurément, qu'"Un homme est sujet à ," pour dire, qu'Il ne faut pas se fier à lui; et de même, qu'"Une histoire," qu'"une nouvelle est sujette à caution," pour dire, qu'Elle est douteuse.



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Subst. féminin 


Celui qui répond, qui s'oblige pour un autre. "Caution solvable. Caution bourgeoise. Caution solidaire. Bonne & suffisante . Être de quelqu'un. Recevoir une . Servir de . Donner . Décharger les s. Certifier une . Se rendre . Fournir de ."
On dit, "Élargir quelqu'un à la d'un autre;" & dans cette phrase, "Caution" est pris pour nement, garantie. On dit aussi, "Élargir quelqu'un à sa juratoire," pour dire, Sur la promesse qu'il fait avec serment de se représenter quand la Justice l'ordonnera.
On dit figurément, "Être ," ou "Se rendre" " d'une chose," pour dire, Assurer, garantir qu'une telle nouvelle est vraie, qu'une telle chose est arrivée, qu'une telle chose arrivera. "J'en suis . Je vous en suis ."
On dit figurément, qu'"Un homme est sujet à ," pour dire, qu'Il ne faut pas se fier à lui. Et de même, Qu'"Une histoire, qu'une nouvelle est sujete à ," pour dire, qu'Elle est douteuse.



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

CAUTIONEMENT, s. m. CAUTIONER, v. act. ["Kocion", "cio-neman", "cio-né", 1re dout. 3e "e" muet au 2d, "é" fer. au 3e.] "Caution", est celui qui répond, qui s'oblige pour un aûtre: donner "caution", servir de "caution", être "caution" de; se rendre "caution", etc.
- Fig. "Être ", ou "se rendre " d'une chôse; assurer, garantir qu'une nouvelle est vraie, qu'une chôse est arrivée ou arrivera. 'Cet homme, cette nouvelle "est sujet", ou "sujette à ;" n'est pas tel, ou telle, qu'on puisse s'y fier.
   "Cautionement;" acte par lequel on s'oblige pour un aûtre. = "Cautioner;" se rendre pour quelqu'un: Je "le e;" un de ses amis l'"a é de" dix mille francs, etc.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. féminin 


Pleige, qui respond, qui s'oblige pour un autre. "Caution solvable. bourgeoise. bonne & suffisante . estre . recevoir une , servir de . donner . descharger les s. certifier une . se rendre , fournir de . eslargir à , eslargir quelqu'un à sa juratoire".
On dit figur. "Estre ," ou "se rendre , d'une chose," pour dire, qu'On assure qu'elle est veritable, ou qu'elle se fera.
On dit figur. qu'"Un homme est sujet à ," pour dire, qu'Il ne faut pas s'y fier.
On dit aussi, qu'"Une histoire," qu'"une nouvelle est" "sujette à ", pour dire, qu'Elle est douteuse.




Emplacement dans le dictionnaire :

caûteleûsement
cauteleusement
cauteleux
caûteleux
cautere
cautère
cautérisation
cautériser
cauteriser

cautionner
cauvette
cavalcadour
cavale
cavalerie
cavalier
cavalière
cavalierement
cavalièrement
cavaline
cavé




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Charles NODIER (Trésor des Fèves et Fleur des Pois)

...des fèves, dont la réputation est si étendue et si accréditée dans le pays, vouloit contribuer de sa part au plan de réforme que j'ai fait, il en auroit une belle occasion aujourd'hui ; je suis caution qu'il ne lui en coûteroit qu'un des litrons de bonnes fèves qu'il porte pendus à son bâton, pour affriander une table d'hôte de loups, de louvats et de louveteaux, à la vie granivore, et pour sauver...


Citation n°2 de Charles NODIER (Jean Sbogar)

...car il leur parleroit un langage qu'elles n'entendent point et qu'il leur est défendu d'entendre. Pour les servir, il doit se séparer d'elles, et la guerre qu'il leur déclare est la première caution de l'indépendance qu'elles trouveront un jour sous ses auspices, quand la main qui maintient les états se sera retirée tout à fait. Alors ces méprisables brigands, l'objet du dégoût et l'horreur des...


Citation n°3 de Théodore de BANVILLE (Les Cariatides)

...cette fois de la nuit protectrice, je m'agenouillerais aux pieds de ma lectrice, petits pieds que je vois, chaussés d'un clair velours, mollement endormis sur des coussins bien lourds ; charmante caution pour répondre du reste. Puis en levant les yeux, je verrais sans conteste un visage adorné d'un éclat non pareil, un front d'ivoire mat et des yeux de soleil ; puis un hardi corsage, et, sur un...


Citation n°4 de Edmond ABOUT (La Grèce contemporaine)

...se lèvent avant tout le monde pour panser les chevaux, ils se couchent quand les voyageurs sont endormis ; souvent même ils passent la nuit à garder leurs bêtes, lorsqu'on traverse un pays sujet à caution. Ils se nourrissent à leurs frais, eux et leurs chevaux ; ils dorment dans un manteau à la belle étoile ; ils supportent le soleil et la pluie, le froid dans les montagnes, le chaud dans les plaines...


Citation n°5 de Edmond ABOUT (La Grèce contemporaine)

...par nature, nos fêtes champêtres ne sont pas sans quelques vivacités, voire sans quelques coups de poing échangés fraternellement au plus fort du plaisir. Et notre gaieté est tellement sujette à caution, qu'il est prudent de la faire surveiller par un gendarme. Rien, au contraire, n'est plus doux, plus honnête et plus bienveillant que la gaieté des paysans grecs. Le mérite en revient à leur bon...


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